Sayonara Miniskirt T.1 (Soleil)

Attention manga de très bonne qualité ! Déjà connu pour « The End of the World » (sorti chez Panini Comics), Aoi MAKINO nous propose ici une critique éclairée de la société japonaise par rapport aux Idols et surtout sur le rapport entre les hommes et les femmes. Son histoire dépeint une jeune fille dont les rêves ont été brisés par une agression violente et qui décide de mettre sa féminité au placard.  Avec sa façon de présenter plusieurs argumentations et points de vue, l’autrice met en avant des problématiques importantes dans notre société actuelle. « Sayonara Miniskirt » est le genre de titre qui fait grandement avancer les consciences et grâce à son style travaillé et construit peut toucher un très large public !

Impitoyables Idols

Propre au Japon, les Idols sont généralement des groupes de jeunes filles se produisant sur scène pour chanter, danser mais aussi faire du mannequinat, des pubs, des films … Elles ont des codes très identifiables, notamment leur jeunesse, leur look travaillé avec mini jupe a froufrou la plupart du temps et l’idée de répandre la bonne humeur, d’être dévouée totalement à leur public. Cela induit des règles comme celui de ne pas avoir de petit ami ou de ne pas créer de scandale. Une Idol se doit d’avoir une image « pure » pour attirer un maximum de public. C’était le cas de Nina Kamiyama, son rêve était de propager le bonheur et c’est ce qu’elle a fait en devant une idol reconnue dès le collège. Si la conception même d’Idol est critiquable, notamment pour le coté aguicheur non négligeable de leur activité, le personnage de Nina permet de remettre une dose de neutralité sur la question. Ses motivations étaient pures, son assiduité n’était que sa propre envie de se dépasser, de faire passer un bon moment à son public.

La journée de la jupe

La jupe devient dans ce titre l’élément central du sexisme, outre les Idols, les adolescentes aussi se permettent de mettre des mini jupes en remontant simplement la jupe de leur uniforme scolaire. Se pose alors la question du pourquoi, quel est l’intérêt de mettre un vêtement aussi révélateur de ses formes. Plusieurs points de vue sont présentés dans le manga, d’un coté celle qui veut aguicher, de l’autre celle qui trouve simplement cela joli. Et puis il y a le regard des hommes, ceux qui pensent que les vêtements d’une femme ne sont que des arguments de séduction. Au final le constat sans appel: celles qui se font agresser ne sont pas forcément aguicheuses, ne sont pas forcément en jupe. La féminité n’est pas le prétexte, un homme agresse par jeu, pour affirmer sa domination, pour terroriser, la jupe est insignifiante.

SPT

Voilà tout le propos de « Sayonara Miniskirt », une discussion a bras ouvert sur la féminité, sur les relations hommes/femmes, et sur notre capacité à surmonter un traumatisme. Si les hommes peuvent faire preuve de sexisme par jeu, la blessure infligée est réelle, l’autrice le démontre avec plusieurs réflexes d’autodérision, comme si par le rire ou la fuite on pouvait oublier le geste ou la réflexion déplacée. Ce manga est une ode à la prise de parole, à dénoncer le sexisme afin d’éduquer son entourage et de surmonter ces agressions incessantes. Et à la fois il montre aussi des personnages féminins qui ont adopté les codes du sexisme et qui se vantent de pouvoir en jouer. S’il y a bien des filles qui peuvent encaisser facilement les agressions sexistes, cela n’est pas le cas de tout le monde. Au jeu de l’argumentaire, le titre propose de nombreux point de vue ce qui permet à tout lecteur de se retrouver parmi l’un des personnages.

Wrap Up

Exceptionnellement pointu sur les problématiques de sexisme et proposant de nombreuses pistes de réflexion sur différents sujets de cette thématique, « Sayonara Miniskirt » sera probablement une révélation cette année. Non content d’avoir un propos de qualité, le dessin n’est pas en reste avec un manga particulièrement détaillé que ce soit par les décors ou les personnages. Gardant les codes du shôjo manga, Aoi MAKINO arrive à une maturité de dessin qui force le respect et permet de proposer le titre à un large panel de personne. Soleil a également fait un travail de qualité, en particulier sur le lettrage et sur la couverture avec un effet métallisé très appréciable.

En espérant que la qualité perdure dans les tomes suivants, « Sayonara Miniskirt » est une révélation tant sur le fond que la forme. Aoi MAKINO avait déjà fait très fort sur « The End of the World« , elle confirme son statut d’autrice incontournable et cela tombe bien car un recueil d’histoires courtes est également sorti chez Soleil ce mois-ci. De quoi patienter en attendant la suite !

Sayonara Mini skirt T.1
(Sayonara Mini skirt)
Aoi MAKINO
Soleil
2 tomes, série  en cours
6,99 euros

Traduction: Sophie Piauger
Lettrage & maquette: Anne Demars

Sortie: 11 mars 2020
Prochain tome:un jour…

2 commentaires sur “Sayonara Miniskirt T.1 (Soleil)

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