Les Infidèles – Avant première à l’UGC Normandie

Comment avez-vous passé votre Saint Valentin ? Avez-vous préparé un diner aux chandelles ? Avez-vous commander des roses à étaler sur le chemin de retour de votre tendre moitié ? Ou bien comme moi etiez-vous à l’avant première du film « Les Infidèles » sans votre régulier attendant tranquillement à la maison ?
Car il fallait bien ça pour ce film atypique, un buzz d’entrée de jeu avec des affiches qui ont du être remplacées car jugées trop osées et machistes, une avant première un soir de Saint Valentin et un trailer encore tout frémissant des scènes les plus crues du film.

Après The Artist, on finirait par croire que Jean Dujardin a acquis assez de notoriété pour se lancer dans de grands paris cinématographiques, après le film muet en noir et blanc, voici donc un genre à mi chemin entre le théatre et des schetchs digne de « un gars un fille » ou de « Scenes de Menages » (en plus long, forcément). Des risques qui auraient pu mettre en danger sa carrière mais qui se sont révélés de très bons choix qui le mèneront probablement aux oscars car une chose est sure c’est que « Les Infidèles » ne laissera pas indifférent.

Il n’y a pas de résumé à faire, il s’agit de 5 scènes différentes sur l’infidélité, que ce soit le fantasme desespéré jamais réalisé, une attitude assumée de niquer tout ce qui bouge, ou encore la véritable Love affair. Je dois dire que ma première impression en voyant ces scènes fut « y’a du vécu » car on est dans un registre très réaliste, très loin des clichés cinématographiques mais par contre très près de portrait de gens qu’on connait ou qu’on a connu.
Les infidèles est crus, mais c’est un film « vrai » sur l’infidélité, même si entre deux grandes scènes on a des sketch courts qui, eux, ont un réel but de nous faire rire, et ça marche !

Néanmoins, si l’entrée en matière est drôle, à l’image de l’affiche du film, la suite est parfois plus solennelle, ils auraient pu traiter de l’infidélité de façon légère, ils auraient facilement pu faire rire toute la salle de bout en bout mais visiblement les réalisateurs avaient d’autres idées en tête. On découvre alors tour à tour un Jean Dujardin face à une Alexandra Lamy divine qui décident de tout se dire, un Gilles Lellouche qui perd la tête pour une gamine qui à la moitié de son age. Un revers de la médaille qui, sans plomber l’ambiance, est quand même un peu destabilisant (passer du fou rire de la situation au malaise de la réalité sur l’infidélité ça fait tout drôle).

Autant dire que le pari de traiter avec humour tout en mentionnant le misérable de la situation est remporté haut la main (et soyons clair, on parle bien d’infidélité, et non d’une autre forme de sexualité libre qui peut fonctionner dans certains couples). Cela ne fera pas le film de l’année pour autant, cela reste très atypique, de part le sujet, la façon de le traiter et du rythme très particulier. Mais qu’on se rassure, on a quand même affaire à deux troublions du cinéma français, la fin du film décolle sur typiquement ce qu’on attendait, des barres de rire, un final qui vaut sincèrement de voir le film et finalement on se dit qu’ils ont vraiment pas pu s’empêcher de deconner.

Je précise que le trailer montre outrageusement, tout comme les affiches du film, une seule facette de « l’infidele »  celle du gros connard, et c’est voulu, ça fait le buzz, on s’attend à se marrer à voir un bon gros film bien gras. La réalité est surprenante et je pense destabilisera beaucoup de spectateur qui s’attendent a un film qui n’existe pas (ou pas en totalité)

« Les Infidèles » n’est pas un film moralisateur, c’est une présentation de plusieurs réalité sur le sujet qui finit comme un feu d’artifice en se disant « ho les cons » le sourire aux lèvres.

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L'avant Première hier avec toute l'équipe du film

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The Artist – La surprise muette de l’année

Quand on vous annonce un film en noir et blanc au cinéma, forcément en 2011 on est un peu dubitatif, néanmoins il y a de grands chef d’oeuvre qui ont su tirer parti de cette particularité, comme La Liste de Schindler. Cependant quand on apprend que le film sera également muet, là on rigole intérieurement, mais mine de rien, on est curieux de savoir ce que ça pourrait donner.

Ce pari fou c’est celui de Michel Hazanavicius, réalisateur qui va réussir à monter un film de 100 minutes sans aucune fausses notes et avec en prime un Jean Dujardin récompensé par le prix d’interpretation à Cannes et la délicieuse Bérénice Bejo. The Artist donc, se passe à Holywood dans les années 1920, un acteur de film muet célèbre rencontre une jeune figurante pleine de promesse, la naissance du cinéma parlant offrira à l’un la décadence, à l’autre les paillettes mais pour tous les deux, un beau coup de foudre.
(a noter qu’il s’agit d’une inspiration de l’histoire de John Gilbert et Greta Garbo)

Si vous avez vu la bande annonce comme moi, vous aurez la désagréable sensation d’avoir vu tout le film, ce qui n’est pas completement faux vu que l’histoire ne s’encombre pas réellement de détails scénaristiques. Néanmoins, et c’est là toute la magie de ce film, le jeu d’acteur, la musique et surtout la façon dont on oublie le coté « muet » rend n’importe quelle scène plus riche émotionnellement.
Bien sur il faut prendre en compte que les acteurs « surjouent » un peu comme on faisait autrefois pour combler justement l’absence de parole mais aussi étrange que cela puisse paraitre, les deux acteurs crèvent litterallement l’écran à ce petit jeu.
En somme cela reste une histoire simple mais racontée avec beaucoup de richesse.

On ne ressort pas du cinéma avec l’envie de pillier la collection de film muet de ses grand-parents, The Artist est un bel hommage moderne, un OVNI qui permet, le temps d’un film, de se rappeler la grande époque Holywoodienne, de ces stars qu’on voyait comme des étoiles parfaites. Un beau souvenir aussi d’une époque de costume, de coiffure, de voiture, d’un style de vie et pour finir, de danse et de romance.

Un bien beau film qu’il serait dommage de rater !