Bref, j’ai commencé une nouvelle série

En ce moment la mode semble être au format sketch, entre Scènes de Ménage qui avait fait un carton, Soda cet été avec Kev’ Adams voilà que Canal+ ajoute une mini série dans la nouvelle formule de son Grand Journal. « Bref » car c’est là son titre est donc une série dont les épisodes durent en moyenne 120 secondes générique compris, oui c’est très bref me direz vous, mais c’est nettement suffisant pour obtenir justement le petit effet comique recherché. En tout cas on en redemande, depuis la rentrée c’est LE phénomène à voir, tout le monde en parle et si vous ne vous y êtes pas encore mis, pas de panique vous avez le temps de rattraper les épisodes (qui paraissent à raison d’un par jour).

Bref c’est l’histoire d’un gars, un mec comme on en connait dix, pas spécialement beau, pas spécialement moche, une situation familiale et personnelle à la limite de la loose, pas à l’aise avec les filles, toujours dans des plans un peu craignos, mais sympathique malgré tout. Quelqu’un d’assez quelconque pour qu’on se sente concerné par ce qui lui arrive, on se dit facilement qu’on a déjà vécu le même plan ou qu’on a pensé la même chose dans la même situation. Et comment on le sait ? Et bien c’est grâce à la voix off du protagoniste, elle fait rapidement le cheminement entre ce qui est dit « Au revoir bonne soirée » et ce qu’il pense en réalité « va te faire enculer » … un décalage qui vous fera sourire plus d’une fois.

Finalement avec cette voix off et cet enchainement super rapide (normal, on peut passer d’une pensée à une autre très rapidement) le tout me fait penser à l’intro de Trainspotting, avec un soupçon d’Amélie Poulain en beaucoup plus trash forcément. Un format que je trouve vraiment attrayant et vu le succès de l’un et l’autre film on peut dire que les voix de nos consciences ont encore de beaux jours devant elles. Qui n’a jamais rêvé d’entendre à haute voix ce que pensent les autres  ? De plus le coté scénette rapide permet de pas perdre de souffle et d’avoir un vrai flot continue sans interruption jusqu’au « bref … »

Bref est une série à voir avec des gens pas toujours connus du grand public mais qui méritent de l’être, a commencer par son héros qui également l’auteur de cette merveille, une fraicheur qui fait plaisir à voir. Je ne pense pas qu’il s’attendait à un succès pareil, en tout cas depuis le début le niveau est très bon et même s’il arrivait qu’un épisode vous parle moins qu’un autre, ça n’est que 120 secondes, vite oublié.

Pour l’instant « l’intrigue » semble se focaliser sur des scénettes type « vie quotidienne » qu’on croirait digne du site « tutoriel.com »

  1. J’ai dragué cette fille (29.08.2011)
  2. Je remets tout à demain (30.08.2011)
  3. Je me suis préparé pour un rendez-vous (01.09.2011)
  4. J’ai passé un entretien d’embauche (05.09.2011)
  5. J’ai fait un repas de famille (07.09.2011)
  6. J’ai traîné sur internet (08.09.2011)
  7. Je joue de la guitare (12.09.2011)
  8. J’ai vu un psy (13.09.2011)

vivement la suite !

 

 

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Borgia – La nouvelle série de Canal+

Vous connaissez peut être de nom la série américaine The Borgias et tout comme moi, vous pensiez que Canal+ allait la proposer à la rentrée, et bien faux, la chaine à confié au groupe Lagardère le soin de produire une nouvelle série au couleur plus « locales » que son homologue outre atlantique. Ensuite vient la merveilleuse réputation de nos séries françaises, Plus belle la vie en tête, mais fort heureusement, Canal+ avait déjà fait sensation avec son Maison Close l’an dernier, véritable bijou tant par son coté scénario que dans les décors, les costumes ou les comédiens. Borgia reprend donc toutes ces qualités (et même plus encore) et s’annonce déjà comme un vrai succès de la rentrée à ne pas louper, dans un format 12 x 52′ à raison de 2 épisodes à la suite, croyez moi vous allez en redemander.

Les Borgia donc sont une famille, nous sommes en Italie, fin du XV siècle, le pays est au plus mal entre ses ennemis qui menacent ses frontières, ses luttes internes entre ses dix régions et surtout, la haine farouche qui anime trois de ses grandes familles, les Orsini, les Collona et les Borgia bien sure. Tous sont à des postes bien stratégiques de la grandeur italienne, et le Vatican étant tout puissant, tous ont leurs entrées auprès du pape, notamment le protagoniste de l’histoire Rodrigo, futur pape Alexandre VI. Toute l’histoire repose donc sur lui et sa famille, comment il va réussir à placer ses enfants illégitimes à des points stratégiques, comment chaque manipulation va se terminer en apothéose de complots et de rebondissements. Une véritable galerie de personnages qui va permettre à l’action de se déplacer très rapidement à différents endroits et moments suivant qu’on soit Juan, le fils ainé sur lequel Rodrigo repose ses attentes, ou bien Cesare, l’impétueux, dévoré par sa passion pour le pouvoir quand son père l’envoi vers la voie ecclésiastique et enfin Lucrezia, jeune adolescente qui n’aspire qu’à ce que Rodrigo lui trouve un mari bien placé.

Alors bien sur, deux séries, deux style, difficile de ne pas comparer, mais en fait la première question que vous allez vous poser si vous avez déjà vu The Borgias c’est « heuu c’est la même histoire ? » et c’est là qu’entre en scène tout le talent de Tom Fontana, véritable passionné de cette partie de l’histoire italienne qui a eut le soucis du détail dans cette version. Résultat des courses, les héros sont excessivement différents de leur version américaine, leur comportement est beaucoup moins « lissé » et beaucoup plus crédible. On sort véritablement du roman de cap et d’épée pour entrer dans une vraie série historique et cela se ressent aussi pour le coté violent et érotique de certaines scènes (un peu gratuit parfois, mais jamais déplacé, ça reste dans le ton de l’époque). Autre différence notoire, le découpage temporel est différent, le second épisode se termine là ou commence la série américaine et le rythme est beaucoup plus soutenu dans la VF, j’avoue que les débuts ont été difficiles, Borgia est un assemblage de scènes très courtes qui donnent un coté super speed à la série, pas trop le temps de comprendre qui est le fils du voisin de la maitresse de qui. Je vous rassure, on comprend très rapidement quand même, cette sensation disparait sitôt le second épisode malgré parfois des intrigues bien tordues.

Pour finir sur la technique, les décors, costumes, comédiens font un travail vraiment remarquable pour une série d’appellation « française » pour info elle a été tournée en anglais pour être distribuée en Europe, et ne cherchez pas une tête connue, ce sont tous ou presque des inconnus de notre petit écran, gageons que Borgia les propulsera à un tout autre niveau de reconnaissance. Motion particulière pour les deux jeunes femmes, Lucrezia et Bella que j’ai trouvé aussi jolies que talentueuses ainsi que pour Cezare, petit être torturé tout à fait crédible dans le rôle du démon qui doit faire vœu de piété. Notons une réalisation de Oliver Hirschbiegel et John Doman dans le rôle de Rodrigo (Mystic River, The Company men …)

Borgia sera définitivement LA série à voir à la rentrée, et Canal+ entend déjà vos suppliques puisqu’une seconde saison devrait voir le jour mais je vous laisse en compagnie du Making Off, de quoi vous donner envie d’ici Octobre ❤